EXCLUSIF 28/04/2011: Lettre de Josh Fox (Gasland)


Josh Fox, réalisateur du film Gasland, a écrit une longue lettre à la Commission du Bassin de la Rivière Delaware, rivière près de laquelle il habite.

Nous avons traduit cette lettre pour vous, la voici ci-dessous. Si vous préférez la télécharger pour l'inprimer, cliquez ICI

 

 


Lettre de Josh Fox à la Commission du Bassin de la Rivière Delaware (DRBC)

Traduction : Sébastien PERROUD (seb.perroud@orange.fr)


J’écris à la DRBC, poussé par un sentiment d’opposition virulent et passionné à toute autorisation de forage industriel de gaz à grande échelle, où que ce soit dans le bassin de la Delaware. Le bassin versant de la rivière Delaware est un trésor national et ne devrait pas être industrialisé par des forages de grande ampleur.

Ce processus détruira la valeur foncière, fragmentera et fracturera la terre, contaminera les ressources en eau, polluera la qualité de l’air, créera une crise de santé publique. Cela fera un tort considérable à l’industrie touristique de la région et rendra cette zone impropre à la vie.

Je suis le réalisateur de Gasland, documentaire nominé aux Oscars, et j’habite le bassin de la Delaware à Milanville, Pennsylvanie. Milanville est mon « chez-moi » depuis que je suis né, en 1972. J’habite à côté du ruisseau Calkin, un affluent de la Delaware, à quelques kilomètres de l’endroit où se rejoignent les deux rivières. La propriété qui se situe en face de mes terres, qui longe le ruisseau, a été cédée en location. Je vis depuis trois ans dans la peur que ma propriété ne soit transformée en site de forage industriel. Je ne fais pas confiance, de quelque manière que ce soit, à la capacité de l’industrie gazière de forer tout en maintenant la qualité de la vie, de l’eau ou de l’air de ma région. Je n’ai pas plus confiance en la capacité de la DRBC de réglementer les activités de cette industrie, parce que les règlementations que vous avez proposées sont inadaptées et que rien n’oblige les industriels à les appliquer. Lors d’une conférence de presse de la DRBC le 22 février à Honesdale, Pennsylvanie, j’ai personnellement demandé à Carol Collier combien de puits de gaz pourraient être autorisés à être forés par les règlementations actuelles de la DRBC. Elle a répondu que si les règlementations devaient être adoptées, il fallait s’attendre au forage de 22 000 puits lors des trente prochaines années. 22 000 puits de gaz dans le bassin de la Delaware, cela signifierait tout simplement la destruction de la santé, du caractère unique de cette région, la rendant invivable, rendant la vente des maisons impossible, et cela signifierait la destruction irréversible d’un des derniers bassins versants vierges de la planète. Mon rêve de fonder une famille dans le bassin de la Delaware et de contribuer à la vie de la communauté de la région sera brisé à jamais.

Je pense que la Commission sait très bien ce que j’ai à dire, parce que j’ai témoigné en personne lors de débats publics et ces trois années de protestation ont été excessivement éprouvantes et stressantes. Je vais tenter ici une fois de plus de démontrer les problèmes qu’occasionnerait l’autorisation de forages à grande échelle dans le bassin.

J’ajouterai également que bien que mon film ait été attaqué par l’industrie gazière, c’est du journalisme d’investigation à 100%, basé sur les faits, sur la science et sur des témoignages vérifiés de citoyens. J’ai publié mes réponses aux attaques spécieuses et trompeuses sur mon film, sur mon site web www.gaslandthemovie.com. Le document se trouve ici :

http://1trickpony.cachefly.net/gas/pdf/Affirming_Gasland_Sept_2010.pdf 

La fracturation hydraulique est un processus d’industrialisation globale qui injecte des milliards de litres de produits toxiques directement dans le sous-sol. Des milliers de cas documentés de contamination montrent qu’on a retrouvé ces dangereux produits chimiques dans les réserves d’eau des populations de toutes les zones de fracturation.

J’ai voyagé à travers tout le pays et découvert que dans chaque endroit où je me suis rendu, l’industrie à détruit la qualité de vie des gens. Cela est totalement irresponsable, va à l’encontre des souhaits de la majorité des personnes et à l’encontre du caractère et de la culture des zones concernées en ce qui concerne le développement d’industries de grande échelle, en particulier le forage gazier.

Si le forage pour l’exploitation des gaz est autorisé, je m’y opposerai par tous les moyens légaux et pacifiques à ma disposition.

J’ai fait le film Gasland, poussé par une attention et un amour authentiques pour l’état de Pennsylvanie, pour le comté de Wayne, pour la municipalité de Damascus et pour la rivière Delaware. Le film a été réalisé dans l’intention d’éclairer une chose que les habitants du bassin et la DRBC avaient sous-estimée : les nuisances et dangers extrêmes de l’exploitation de gaz par fracturation hydraulique, qui se développait à travers tout le pays. Pour faire ce film, une équipe de cinq personnes ainsi que moi-même, avons travaillé bénévolement jour et nuit, sans l’appui d’un grand studio de cinéma et sans l’assurance que ce film serait visionné au-delà du bassin de la Delaware.

Le film Gasland a été soigneusement contrôlé, les faits ont été vérifiés et renforcés par de véritables critiques journalistiques et scientifiques, et nous l’appuyons à 100%.

Gasland a permis la création d’un mouvement en Pennsylvanie, dans l’état de New-York et dans le reste du monde, qui va croissant. Des millions de personnes ont vu le film quand il est passé sur la chaine HBO. De plus, je me suis déplacé dans plus de 120 villes aux USA. Où que j’aille, j’entends les plaintes, les préoccupations, l’indignation et la consternation des citoyens qui font face à l’invasion des foreurs. Où que j’aille, les gens veulent savoir ce qui arrive au bassin de la Delaware. Si des forages ont lieu dans ce bassin, ce sera une tragédie, ressentie non seulement par ses habitants mais également par les téléspectateurs de la planète toute entière.

Apparemment, le monde entier sait qu’il y a un problème avec la fracturation hydraulique. Les réglementations que vous proposez ne tiennent pas compte de cet ensemble de preuves et de connaissances. Les représentants des deux partis de l’état de New-York se sont dirigés vers un moratoire sur la fracturation, le Québec a imposé un moratoire de-facto sur le forage des schistes ; le Maryland s’apprête à décider du même genre de moratoire ; 20 000 manifestants ont défilé en France la semaine dernière contre les gaz de schiste ; les paysans australiens se révoltent et ferment les grilles de leurs exploitations contre l’exploration des gaz de schiste ; le New York Times a signalé que des déchets de forages radioactifs étaient déversés directement dans les ressources en eau potable de la Pennsylvanie ; le groupe de presse Pro-Publica, lauréat du Prix Pulitzer, a rapporté des milliers de cas de contamination dans tout le pays ; CNN et l’émission 60 Minutes ont rapporté de nombreux cas d’étude de familles qui ont perdu la santé et dont l’eau est devenue impropre à la consommation ; et cependant la DRBC refuse d’accepter que ces activités, quelles qu’elles soient, sont inappropriées au bassin de la rivière Delaware.

D’après le Département de Protection de l’Environnement de Pennsylvanie lui-même, on a constaté une zone de contamination de 15 km² à Dimock, due à un seul des 32 puits que compte cette commune. Dimock n’est pas une exception, si je me fie à mon expérience et aux rapports circonstanciés de milliers de cas de contaminations à travers le pays, ainsi qu’aux traces écrites de cet échec, produites par l’industrie elle-même. Que signifierait pour la Pennsylvanie l’éventuelle reproduction de cette catastrophe à travers tout le bassin ? Les effets sur le bassin de la Delaware seraient terribles : des migrations de masse pour quitter la région, une contamination chimique permanente et une situation de développement industriel à grande échelle telle que n’en a jamais connu la région.

Si les réglementations sont approuvées et que les forages débutent dans le bassin, la région ne sera plus qu’un immense Dimock.

De plus, les réglementations ne parviennent pas à dresser une liste des sites industriels qui seraient implantés par l’industrie gazière en plus des sites de forage. L’industrie gazière implantera de nombreux autres sites industriels, qui seront dangereux pour la santé, détruiront la qualité de vie et seront en violation du contrat social. Cela inclut le développement massif de pipe-lines, qui couperont nos forêts, fragmenteront nos régions et détruiront nos paysages ; des stations de compression extrêmement bruyantes qui tourneront 24 heures sur 24, émettant de grandes quantités de composés chimiques volatiles et d’autres émissions toxiques ; des mini-raffineries qui émettront dans l’air du sulfure d’hydrogène et dont les émissions ne seront pas contrôlées. Chaque site de forage nécessitera une énorme noria de camions. Chaque site de forage nécessite 1100 passages de camions, qui détruiront nos routes, rendront les transports impossibles et envahiront notre région de bruit, 24 heures sur 24.

Je vais souligner seulement quelques exemples parmi les dizaines de milliers de personnes affectées, dont les vies ont été ruinées par le forage. S’il vous plait, écoutez les gens qui s’expriment dans Gasland. Ecoutez Louis Meeks, l’éleveur vétéran du Vietnam de Pavillion, au Wyoming, qui a souffert de taux de contamination si élevés de l’air et de l’eau que sa santé décline sérieusement. S’il vous plait, écoutez Pat Farnelli et Ron Carter de Dimock, en Pennsylvanie, dont la vie et la ville ont été détruites sans pour autant toucher les sommes promises par les industriels. S’il vous plait, écoutez Amee Ellsworth, dont on a confirmé que du méthane thermogénique était présent dans son eau et qui prend ses douches dans le noir, tant elle a peur que sa maison explose à cause d’une étincelle provenant de ses ampoules. Kim Weber, résidente de la région de Grand Mesa au Colorado, vit sur les bords de la rivière Colorado, qui fournit l’eau potable à une grande partie du Sud-Ouest américain. Sa terre a été contaminée pendant le processus de forage, son eau a été abimée et elle souffre désormais de lésions cérébrales dues à l’empoisonnement toxique, de même que certains de ses voisins qui souffrent des mêmes lésions. La nappe phréatique de sa ville toute entière a été gâchée. J’ai interviewé son voisin Curtis Meacham, dont les mares qui entourent sa propriété sont devenues noires. L’eau de son puits sent le plastique brûlé et s’il arrose ses plantes avec cette eau, celles-ci se fanent et meurent. Il ne peut plus vendre sa propriété à cause de la pollution de l’eau et il souffre de maladies respiratoires chroniques. Ecoutez ces honnêtes américains, de tous horizons, de toutes couleurs politiques, d’états républicains et d’états démocrates, de catégories aisées ou pauvres, des cowboys et éleveurs jusqu’aux libéraux de New York et aux conservateurs du Texas, et de partout ailleurs. S’il vous plait écoutez nous.

Il n’existe aucune manière adéquate ou appropriée de procéder à ce genre d’activité industrielle dans la région. Cela créera du désarroi, des troubles à l’ordre civil, de la contamination et la destruction permanente de la région.

 

Les réglementations sont inadéquates, en particulier selon les points suivants :

 

1)      Aucune réglementation ne devrait être approuvée sans une étude approfondie des effets cumulatifs de 22 000 puits et des pipelines, stations de compression, raffineries, passages de camions, déversements de déchets et construction de routes qui vont avec.

2)      Il n’y a aucune restriction sur les produits chimiques dangereux de fracturation. Aucune limitation ou demande de divulgation des produits chimiques secrets utilisés. Aucune restriction sur les produits chimiques cancérigènes, neurotoxiques ou perturbateurs endocriniens.

3)      Il n’y a aucune estimation des risques pour la santé humaine qu’entraîneraient les forages dans la région. Vous pouvez consulter l’étude Garfield County/Battlement Mesa, qui détaille les impacts sanitaires dans un bassin versant similaire du Colorado. Ce rapport peut être trouvé ici : http://www.tcgasmap.org/media/Health%20Risk%20Assessment%20Garfield%20Ritter%209-10.pdf

4)      La DRBC de Pennsylvanie et le Département de Protection de l’Environnement de New York, ainsi que les autorités locales ou les groupes de citoyens n’ont aucun pouvoir en ce qui concerne l’application des règlementations.

5)      Il n’existe aucune autorité d’inspection des puits adéquate.

6)      Il n’existe aucune norme pour la profondeur de cuvelage des puits

7)      Il n’existe aucune norme pour le ciment du cuvelage

8)      Il n’existe aucune norme pour les tests de pression sur le cuvelage

9)      Il n’existe aucune norme ou limitation pour les pressions de fracturation

10)   Il n’existe aucune norme ou limitation pour la profondeur de fracturation, les fracturations multiples, ou la longueur de la fracturation.

11)   Aucune évaluation de la fraction de liquide de fracturation qui est laissée dans le sous-sol, en fonction de la quantité totale. Aucune surveillance des quantités d’eau usées laissées dans le sous-sol ni aucun rapport sur ce qui est remonté à la surface. Aucune traçabilité adéquate des déchets.

12)   Les compagnies gazières ne sont tenues à aucun registre des rapports de forage, des rapports sur les boues de forage, des rapports sur les produits chimiques de fracturation, des pressions de fracturation, ni d’indiquer au public la direction des forages horizontaux.

13)   Il n’y a aucune réglementation quant au stockage ou à l’élimination des déblais de forage.

14)   Il n’y a aucune réglementation quant à l’élimination des revêtements des puits de forage.

15)   Il n’y a aucune réglementation ni limitation des boues de forage, qui sont injectées avant le tubage des puits. Les boues de forage sont souvent d’origine synthétique et/ou pétrolière.

16)   Evaluation inadéquate des violations et des amendes. Qu’arrive-t’il à ces entreprises si elles sont en violation des règlementations et sont accusées d’avoir causé des torts substantiels ? Quelles sont les pénalités ? Ces pénalités peuvent-elles être suffisamment lourdes pour empêcher les compagnies de continuer à polluer, où ne paieront-elles qu’un droit à continuer les affaires sans changer leur comportement ?

17)   Il n’existe aucune exigence quant au nettoyage des accidents, déversements accidentels, émissions de gaz, contaminations chimiques.

18)   Il n’existe aucune exigence quant aux produits chimiques utilisés pendant toute la durée de vie du puits, tels que les antigel, les éthers de glycol, le méthanol, etc. (qui sont utilisés pendant toute la durée de vie du puits pour éviter au puits de geler).

19)   Il n’existe aucune norme quant aux couvercles, bouchons et soupapes des réservoirs à condensat. Les réservoirs à condensat laissent échapper des composés chimiques volatiles ou les relâchent dans l’air via des soupapes. Aucune évaluation n’a été faite des impacts de ces rejets sur les humains, les plantes, la faune aquatique, la qualité de l’eau et de l’air, etc.

20)   Il n’existe pas de plan d’urgence pour les déversements accidentels, les explosions, les défauts de cuvelage des puits ou les fuites de pipelines.

21)   Il n’y a aucune garantie concernant les sources et les springhouses*. Beaucoup de gens, comme moi, utilisent encore les springhouses, qui se situent souvent près des routes, pour l’approvisionnement en eau.

 

*Note du traducteur : Springhouse, littéralement Maison de source, petit bâtiment construit sur une source, permettant, avant l’invention de la réfrigération, de bénéficier de la fraîcheur de la source pour stocker les denrées périssables.

 

22)   Il n’existe aucune règlementation pour le transport des eaux usées sur les routes proches des zones d’habitation, des sources naturelles, des ruisseaux ou de la rivière elle-même.

23)   Aucun programme adéquat pour examiner les produits contaminants dans les eaux usées.

24)   Aucun programme de traitement adéquat ni aucune installation adéquate pour faire face aux énormes quantités d’eaux usées.

25)   Aucune capacité d’obligation légale en cas de déversement inapproprié d’eaux usées (ce genre d’incident ayant été documenté par le New York Times, Gasland et Pro-Publica, ainsi que bien d’autres sources comme étant une pratique courante de l’industrie).

26)   Pas de compensations pour les propriétaires terriens dont les terres jouxtent les sites de forage et dont la valeur des terres sera fortement réduite.

27)   Aucune régulation concernant les bassins de rétention des eaux usées et les fosses de reflux.

28)   Aucune évaluation des effets de l’évaporation des produits chimiques et des composés organiques volatiles sur les plantes, les animaux, les infrastructures, les ressources en eau, la vie aquatique, etc.

29)   Aucune évaluation des effets du passage des camions sur des infrastructures sensibles (les routes et les ponts.)

30)   Demandes d’éloignement complètement inadéquates des puits par rapport aux sources, aux ruisseaux et à la rivière elle-même. Il devrait être requis que les puits soient éloignés d’au moins un mile (1.6 km) ou plus des sources d’eau.

31)   Aucun programme de surveillance pour vérifier l’état des eaux souterraines, des ruisseaux ou de la rivière, concernant la présence de contaminants liés à l’exploitation des gaz.

32)   Aucune norme concernant les horaires des opérations de forage (aucun arrêté sur les nuisances sonores ou lumineuses). Aucune évaluation de la pollution lumineuse ou sonore sur les animaux.

33)   Il n’existe pas de de norme pour les niveaux de bruit des forages, stations de compression, raffineries, etc.

34)   Il n’existe aucune norme pour la divulgation ou les tests sur l’hydrogène sulfureux ou les composés organiques volatiles qui pourraient être émis par les puits.

35)   Aucune évaluation de l’impact de l’utilisation de biocides sur la vie aquatique, la faune, la flore ou les insectes de la région, que ce soit par injection ou évaporation.

36)   Aucune évaluation de l’impact de la libération de méthane (par voie aérienne, par les torchères ou par d’autres moyens plus discrets) sur la vie aquatique, la faune, la flore, les insectes ou la biodiversité de la région.

37)   Aucune exigence concernant les droits de passage, la construction, le placement et les normes de couplage des pipelines.

38)   Aucune évaluation des troubles à l’ordre public, de l’indignation des citoyens, des migrations de masse, des valeurs foncières, des dommages psychologiques, de la hausse de la criminalité, de l’afflux de main d’œuvre temporaire, ni d’aucun des coûts sociaux bien connus et inhérents à l’exploitation massive de gaz.

39)   Aucune exigence quant aux tests sismologiques et à leurs impacts sur la vie aquatique, les animaux, les plantes, les insectes ou les eaux souterraines, les aquifères et les rivières.

40)   Aucune exigence concernant l’évaluation des fractures naturelles souterraines, des puits abandonnés, ou des couloirs migratoires pour le gaz et les produits chimiques.

41)   Aucune évaluation des probables perturbations sismiques.

42)   Pas de programme pour évaluer ou surveiller le transport, le traitement, l’élimination ou les déversements accidentels de matières radioactives naturellement présentes dans la nature de par leur présence dans les eaux usées, les eaux de reflux, les condensats, les émissions de gaz, les matières particulaires, ni aucune évaluation de leur impact sur la vie aquatique, les animaux, les plantes, les insectes.

43)   Refus de reconnaître les récriminations, passionnées, d’une majorité persévérante des résidents du bassin versant à l’encontre de l’industrie gazière dans la région du bassin.

44)   Aucune norme concernant la vérification des faits énoncés par les industriels, pour se prémunir des mensonges ou de la désinformation possibles, lors des réunions publiques et des visites à domicile auxquelles se sont livrés les représentants de l’industrie.

45)   Période d’observation inadéquate pour aborder les règlementations, qui devrait être prolongée ou redéfinie.

46)   Période d’évaluation des forages inadéquate (impossible de les présenter au public des régions concernées ou de les évaluer une fois qu’ils ont débuté). Une étude indépendante et extérieure des effets du forage dans la région devrait être menée au moins tous les six mois pour évaluer la tenue du projet et tenir compte des commentaires du public.

47)   Aucune évaluation de l’impact de 22 000 puits sur les individus et les communautés qui vivent en aval des ruisseaux, des rivières et des courants aériens du bassin de la Delaware et qui dépendent de celui-ci pour l’approvisionnement en eau potable tels Philadelphie et le sud du New Jersey.

48)   Aucune évaluation du changement culturel et visuel de la région.

49)   Aucune évaluation de ce qu’il adviendra des certifications « bio » des fermes de la région.

50)   Il n’existe aucune évaluation de ce qui arrivera au tourisme et aux colonies de vacances dans la région.

51)   Eloignement inadéquat des puits par rapport aux maisons, écoles, campings, aires de loisirs, panoramas, etc.

52)   Aucune estimation des modèles pour les vents dans les vallées et sur les sommets.

53)   Aucune estimation des modèles pour le brouillard dans la région, (qui peut être très dangereux pour les conducteurs), concernant la circulation des camions ou les fosses de reflux, les émissions de gaz, l’évaporation des produits chimiques, etc.

54)   Aucun fonds ou taxe adéquat(e) pour pallier l’utilisation croissante des services publics locaux tels que les hôpitaux, les ambulances, les pompiers, etc. (accroissement du à l’augmentation de la population et de l’activité.)

55)   Aucune estimation d’un éventuel fonds d’assurance concernant l’accroissement des pertes en vies humaines et en valeur foncière, dues à la circulation accrue des camions.

56)   Aucune exigence de rapports concernant les incidents de ventilation des réservoirs de condensat, des stations de compression, des pipelines, des bouchons de puits.

57)   Aucune restriction pour les déchets de matériaux de nettoyage des pipelines et des tubages de puits.

58)   Aucune exigence de maintenance pour les tubages, pour les puits rebouchés ou quelque infrastructure de forage que ce soit, avant une période de plusieurs années. Aucune exigence de maintenance pour les coffrages de puits.

59)   Aucune évaluation de la dénivellation pour les collines, vallées, ruisseaux saisonniers de ruissellement, concernant le placement des bouchons de puits. Il n’y a aucune exigence en ce qui concerne le placement des bassins de retenue, des fosses à déchets, près des pentes à forte dénivellation, afin d’empêcher les ruissellements.

60)   Aucune exigence concernant le nettoyage/l’assainissement des déversements accidentels, des puits bouchés, des matériaux toxiques, etc.

61)  Aucune exigence pour les tests de base concernant les produits chimiques de fracturation utilisés dans la région. On devrait obliger les compagnies gazières à faire des tests de base sur TOUS les produits de fracturation utilisés, dans CHAQUE rivière, puits d’eau potable, ruisseau et source dans un rayon de 5 miles (8 km) autour de chaque site de forage avant de commencer tout forage et ce chaque année pendant les dix années suivant ce forage, puis tous les deux ans les vingt années suivantes. Les citoyens ne devraient pas avoir à supporter le coût et les difficultés de ces tests de base, ni des tests ultérieurs avant des années et des années sur toute la ligne. Ce vaste processus de test est le seul moyen de s’assurer de la potabilité de l’eau dans la région pour plusieurs décades dans le futur.

62)   Les SARL, Sociétés A Responsabilité Limitée, ne devraient pas être autorisées à forer dans le bassin de la Delaware. Une entreprise créée pour avoir des responsabilités limitées ne devrait pas avoir le droit de forer dans la région. Les compagnies doivent avoir des responsabilités légales et financières à long terme si elles se risquent à mettre en péril un bassin versant.

En plus des points ci-dessus, il faut que j’aborde le problème global des conditions de forage d’un point de vue national. La DRBC crée des règlementations au sein d’une structure nationale totalement inadéquate. La DRBC ne devrait même pas pouvoir envisager de formuler des réglementations tant que les conditions suivantes n’ont pas été remplies au niveau fédéral*.

 

*Note du traducteur : aux USA, le niveau fédéral est la nation. Le mot fédéral est donc synonyme de national.

 

Je soumets ces conditions en mon nom propre et au nom de l’équipe de Gasland, qui inclue plusieurs autres résidents du Bassin de la Delaware.

 

1-      FIN DES EXEMPTIONS FEDERALES

 

Nous demandons que les exemptions aux lois qui suivent, dont bénéficie l’industrie du gaz naturel, soient abrogées immédiatement :

Loi pour une eau potable sûre (Safe Drinking Act)

Loi sur la propreté de l’eau (Clean Water Act)

Loi sur la propreté de l’air (Clean Air Act)

Loi sur le nettoyage des sites contaminés par les substances dangereuses (Superfund Act)

L’exploitation de gaz naturel devrait être soumise aux mêmes lois que tout autre secteur industriel, privé ou public.

 

2-      FIN DES AIDES FEDERALES A LA FRACTURATION

 

Les industriels des énergies fossiles reçoivent trois fois plus d’aides fédérales que les industriels des énergies renouvelables. Cela confère un avantage injuste sur le marché pour les technologies de forage d’exploitation des combustibles fossiles, telles que la fracturation hydraulique, qui réduit la valeur de certaines formes d’énergie vraiment vertes.

 

3-      DEVELOPPPEMENT DE L’ETUDE DE L’AGENCE DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (EPA) ET CREATION D’UNE ETUDE INDEPENDANTE SUR LA SANTE et PERMISSION DE L’EPA

 

Il n’a jamais été prouvé que la fracturation hydraulique soit sûre. Des milliers de cas de contamination et de témoignages à travers tout le pays soulignent un échec massif de protection de l’eau, de l’air et de la santé humaine. Chacun de ces cas doit être étudié et les dommages subis doivent être évalués.

Nous apprécions le fait que l’EPA vienne de commencer une étude sur la fracturation hydraulique mais elle manque de moyens et est incomplète.

a)      L’EPA doit élargir le champ de ses recherches environnementales. L’actuelle étude de l’EPA n’est financée que jusqu’à la fin de l’année et n’aborde pas complètement les problèmes d’émissions à risques et d’émissions globales dues aux forages.

b)      L’étude environnementale de l’EPA doit être dirigée par des scientifiques qui ne présentent pas de conflits d’intérêts.

c)       En parallèle, une étude de cinq ans sur l’impact sanitaire doit être conduite dans la majorité des zones concernées, par une tierce institution indépendante, travaillant aux côtés de l’EPA : soit une fondation caritative impartiale, soit une université respectée.

d)      Il ne devrait pas y avoir de fracturation hydraulique sans autorisation délivrée par l’EPA, aussi bien que par des organismes de protection de l’environnement au niveau de l’état et au niveau local.

 

4-      MANAGEMENT DE CRISE ECOLOGIQUE ET SANITAIRE IMMEDIAT DANS LES ZONES DE FORAGE

 

Nous en appelons au gouvernement fédéral pour aborder immédiatement les sujets de préoccupation des citoyens vivant dans les zones de forage, qui font face à des effets négatifs autant au niveau écologique que sanitaire.

La liste des recommandations, sans être exhaustive, comprend les points suivants :

a)      Envoyer des équipes récupérer des échantillons sur les sites de forages existants, les raffineries, les stations de compression et les réservoirs à condensat.

b)      Fournir de l’eau de remplacement via des pipelines municipaux dans les zones où les aquifères ont été contaminés.

c)       Restauration des zones qui ont été souillées par les stations de compression, les raffineries et les autres machineries de forage et de raffinage, afin de remettre ces endroits dans un état propre à l’usage résidentiel. Les communautés constatant des dommages irréparables doivent recevoir des indemnités compensatoires pour la perte de leur propriété ou de leur santé.

 

5-      PREUVES A CHARGES – LES COMPAGNIES GAZIERES ET LES FABRICANTS DE PRODUITS DE FRACTURATION

 

Il faut obliger les fabricants de produits à dévoiler au public, aux propriétaires terriens et communautés voisines les ingrédients chimiques des produits utilisés pour la fracturation et le forage, en accord avec la Loi Fédérale Pour Une Eau Potable Sûre (Safe Drinking Act). Les produits chimiques doivent être listés et rendus publics et consultables en ligne, pour chaque puits. Si l’un des produits chimiques listés par le fabricant est retrouvé dans le puits d’un particulier ou dans la source d’une municipalité, et s’il s’avère qu’il ne se trouvait pas naturellement dans les couches géologiques avant le forage, le fabricant et la compagnie de forage / exploitation devront assumer la charge de prouver que cette contamination n’a pas été causée par la compagnie de forage/exploitation.

Des tests indépendants et a minima des produits chimiques et de l’eau devront être commandés et payés par les compagnies qui souhaitent forer dans quelque zone que ce soit où les gens dépendent de l’eau souterraine.

 

6-      IDENTIFICATION DES PRODUITS CHIMIQUES – IDENTIFIANT MINIMUM D’ISOTOPE ATTACHE AU PRODUITS DE FRACTURATION

 

Chaque produit chimique utilisé pour la fracturation lors d’injections souterraines devra être marqué d’un isotope non-radioactif pour qu’il soit facilement identifiable si ces composés chimiques devaient migrer vers les réserves d’eau potable. Chaque produit de fracturation devra avoir son propre isotope non-radioactif pour qu’il n’y ait aucun doute quant à sa migration vers les réserves d’eau souterraines.

 

7-      TRACABILITE ET SUIVI DES DECHETS

 

Il y a pour l’instant un énorme problème avec les déversements illégaux et le traitement/l’élimination des déchets de forage. Chaque goutte de déchet de forage, de fluide de forage, d’eau usée ou de déblai de forage devrait être identifiée par son contenu, tracée et suivie dans des camions affichant le panneau « produits dangereux » et il faudrait mettre en place un programme clair et détaillé d’élimination et/ou de traitement. Les déchets contenant des produits dangereux devraient être publiés en ligne et accessible facilement, en décrivant les trajets des déchets et en marquant de manière très visible les sites de traitement. Le moindre camion déviant du chemin qui lui a été désigné devrait être immédiatement arrêté et le site depuis lequel il est parti devrait cesser immédiatement toute activité.

C’est avec en mémoire la santé et la sécurité des milliers de citoyens préoccupés que j’ai rencontré durant ces trois années d’investigation que je soumets ces premières recommandations à la DRBC, à la presse et au gouvernement fédéral des Etats Unis d’Amérique. Je vous somme, s’il vous plait, d’agir avec diligence et honnêteté dans vos évaluations et de ne pas fermer les yeux sur le mouvement massif qui, à travers tous les Etats-Unis, crie son indignation quant à l’industrie de l’exploitation du gaz et aux dommages qu’elle a causé.

 

Merci.

 

Josh Fox

Milanville, PA 18443

orifox@aol.com

 



27/04/2011

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