19/04/2011: Le RES s’oppose à la lettre ouverte de l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole

 

Le RES s’oppose à la lettre ouverte de l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole


En effet, dans la lettre ouverte, on peut notamment lire que : « Les produits chimiques (597 au total) cancérigènes [...] sont abandonnés depuis quelques années au profit de produits issus de l’industrie agroalimentaire, tels des dérivés de l’agar-agar utilisés pour gélifier ice-creams et confitures ».

Pour le RES, aucune référence scientifique témoignant de cette soi-disant nouvelle composition n’est donnée. « Il est scandaleux d’avancer de tels arguments sachant que l’agence de protection de l’environnement des USA (EPA) a sorti en Février 2011 un projet d’étude visant à réévaluer l’impact sanitaire et environnemental de la fracturation hydraulique et qu’il est très précisément donné la liste de tous les produits chimiques (plus de 500) qui seront étudiés dans ce rapport. Il n’y est nulle part question de mélanges à base d’agar-agar ! On trouve, par contre, des toxiques cancérigènes ou reprotoxiques reconnus comme le benzène, l’éthylbenzène, le toluène, le xylène, le naphtalène, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du formaldéhyde, des éthers de glycol etc », s’indigne le RES.

Le gaz de schiste est un gaz naturel, de type non conventionnel, emprisonné dans du schiste, roche sédimentaire déposée sous forme d’argile et de limon. Dans le cas du gaz naturel classique, les molécules migrent naturellement jusqu’à des poches de forte concentration. Le schiste, lui, a pour propriété de conserver les plus petites quantités et de les empêcher de se rejoindre. L’extraction est longtemps demeurée impossible économiquement et physiquement.

La fracturation hydraulique est une technique développée aux États-unis pour extraire le gaz du schiste : elle con0siste à injecter des millions de litres d’eau et des produits chimiques dans le sous-sol pour fracturer le schiste et autoriser l’extraction du gaz ainsi libéré.

L’exploitation n’a été réalisée qu’aux États-unis en raison de la dérogation aux lois environnementales dont bénéficie le secteur de l’énergie depuis 2005: le schiste y génère 15 % de la production de gaz contre 1 % en 2000 ; le prix du gaz naturel a été divisé par 3 en quatre ans ; les réserves mondiales estimées ont été multipliées par quatre pour atteindre 250 ans de consommation.

L’exploration et l’exploitation des huiles et du gaz de schiste ne sont ni sans conséquence pour notre environnement ni sans risque pour notre santé.

Les conséquences environnementales sont extrêmement néfastes : pollution des eaux, de l’air et des sols, consommation considérable d’eau pour la fracturation, émissions de gaz carbonique inférieures seulement à l’énergie charbonnière, destruction du paysage pour installer les puits de forage. Les nappes phréatiques à proximité des puits sont contaminées par les rejets de produits chimiques et par le gaz libéré. Le prélèvement des masses d’eau nécessaires à la fracturation est tout aussi problématique.

Or, à la lumière des expériences nord-américaines, cette technique de fracturation hydraulique présente un double inconvénient :

  • d’une part, elle impose de réaliser des forages à plusieurs endroits sur le sol, laissant apparaître des puits sur nos territoires qui défigurent nos paysages ;
  • d’autre part, les produits utilisés, mais également les hydrocarbures récupérés, risquent de s’infiltrer dans la terre et dans les nappes phréatiques, contaminant ainsi notre eau potable, nos cultures, nos vignes.

Des permis d’exploration ont d’ores et déjà été délivrés, notamment pour les départements du sud-est de la France et du bassin parisien. Il est à craindre que ces permis, et les travaux qu’ils vont entraîner, causent des dommages irréversibles à l’environnement et portent préjudice aux habitants.

Les auteurs de cette lettre se réfugient derrière le fait que les produits chimiques injectés ne représentent « que » 0,5% du volume injecté. On sait qu’une séquence d’hydrofracturation consomme entre 15 et 20 millions de litres d’eau et qu’un puits est hydrofracturé entre 15 et 20 fois : Cela représente donc au total un volume de produits chimiques injectés entre 1,12 et 2 millions de litres par forage.

Toujours selon le RES, ce mélange contient aussi des perturbateurs endocriniens qui sont toxicologiquement actifs à de très faibles concentrations. Ces produits chimiques sont de plus en plus clairement associés au développement de multiples pathologies chroniques portant atteinte aux écosystèmes et à la santé publique.

Pour Gilles Nalbone du Réseau Environnement Santé : « L’élimination de notre exposition aux perturbateurs endocriniens est un enjeu majeur de santé publique. Est-il pensable de développer une technologie dépendante de leur dispersion dans l’environnement sur la seule base de la confiance dans un soi-disant confinement dont l’expérience américaine démontre bien l’absence complète de maîtrise ? ».

Par ailleurs, le RES a tenu à saluer les propositions de lois sur l’interdiction d’exploration des gaz de schistes et appelle les parlementaires à ne pas se laisser déstabiliser par la tribune pleine de mépris et de suffisance qui leur a été adressée.

 

 

La source ici

 

 



19/04/2011

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