31/03/2011: En attendant la journée d’action nationale le 17 avril, les associations s’organisent.


A Montpellier, José Bové en héraut de la lutte

En attendant la journée d’action nationale le 17 avril, les associations s’organisent.

 

La lutte contre la recherche et l’exploitation des gaz de schiste gagne du terrain. Près de 400 personnes, dont la moitié debout, s’entassent ainsi ce jeudi dans la salle du Corum de Montpellier. José Bové est à l’affiche. Mais l’eurodéputé d’Europe Ecologie-les Verts, parti organisateur du débat, n’est pas seul à attirer la foule. Beaucoup sont venus écouter Thierry Salomon. Avec la catastrophe nucléaire du Japon, le président de négaWatt, association héraultaise qui élabore des scénarios visant à réduire la consommation énergétique et à sortir progressivement du nucléaire, est en vogue. Tout comme Séverin Pistre, hydrogéologue au laboratoire HydroSciences de Montpellier, qui se lance dans des explications techniques et pointues. Forages verticaux et horizontaux sur plusieurs centaines de mètres, injection de fluides pour fracturer les roches, besoins en eau équivalents à «quatre ou huit piscines olympiques par forage», risques de pollution liés aux additifs chimiques… Frémissements dans la salle.

 

Rapport. José Bové, lui, plaide pour l’abrogation des permis qui autorisent des entreprises énergétiques à rechercher des «mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux» dans plusieurs départements français, dont l’Hérault. L’homme fort de la lutte anti-OGM sait comment harceler les lobbys («Il faut montrer aux pétroliers et aux gaziers qu’ils n’ont pas intérêt à venir sur le terrain»). Réfutant les «solutions manichéennes», il appelle à une «mobilisation de la société publique». Ce sera la journée d’action du 17 avril, déclinée dans plusieurs villes concernées. Nant, dans l’Aveyron, devrait drainer du monde (1).

Le 17 avril n’est pas dû au hasard. Deux jours avant, le ministère de l’Ecologie doit remettre un rapport d’étape. Début février, le gouvernement avait lâché du lest face à la fronde, créant une mission chargée «d’évaluer les enjeux environnementaux» des gaz de schiste et suspendant les «autorisations de travaux» d’ici à la remise d’un rapport en juin.

 

Aguerris. Les militants ne sont pas dupes. Ils savent que le combat s’annonce long. Depuis les premières réunions de décembre, la lutte se structure. Samedi, une coordination nationale des comités locaux se réunira à Doue (Seine-et-Marne). Fin février, 150 personnes s’étaient retrouvées pour la première «coordination», à Villeneuve-de-Berg, en Ardèche. Parmi eux : les représentants de collectifs d’une quinzaine de départements. Dans l’Hérault, cinq comités locaux existent et une demi-douzaine sont en création. De Montpellier jusqu’aux Cévennes, l’inquiétude mobilise des habitants, de gauche comme de droite. Les idées d’actions ne manquent pas : soutenir la création de collectifs locaux, organiser des réunions publiques, projeter le film Gasland(lire ci-contre), diffuser des tracts et des affiches, alimenter un site internet, mener une veille juridique et scientifique, réfléchir au financement de la lutte…

Au milieu des citoyens désemparés, des militants aguerris apportent leur savoir-faire. Même s’ils ne s’affichent pas - les collectifs ont décidé de ne pas mettre en avant les étiquettes politiques -, beaucoup ont une expérience acquise dans les syndicats, les partis de gauche ou les associations, telle Attac. En projet ? Un regroupement international début août dans le Larzac. Si l’idée se concrétise, les participants suivront : 100 000 à 200 000 personnes y seraient attendues.

(1) Pasdegazdeschistes.rd-h.fr


 

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31/03/2011

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